Nos produits sont-ils bio ? C’est une question qui nous ai souvent posés, lors des visites à la ferme ou sur internet. Avant vous répondre, nous souhaitons expliquer plus précisément ce que « agriculture biologique » signifie.

Le terme « Bio » est de plus en plus utilisé, sans pour autant être expliqué au public. Pour des personnes qui ne connaissent pas le monde agricole, l’agriculture biologique (AB) signifie souvent semer des légumes et les laisser pousser tout seul, en intervenant le moins possible. Rien n’est moins vrai. Durant les 4000 dernières années, ce que nous appelons aujourd’hui agriculture biologique a été la règle. Ce n’est que depuis 50 à 100 ans qu’elle est devenue l’exception. Les agriculteurs fournissent depuis toujours des efforts considérables pour nourrir leurs pairs par le travail de la terre. A y réfléchir, l’agriculture conventionnel (AC), celle qui a recourt aux engrais, pesticides et herbicides chimiques de synthèse, réduit la charge de travail de l’agriculteur qui n’a plus à désherber son sol, ni à l’amender en matière organique.

Durant les 4000 dernières années, ce que nous appelons aujourd’hui agriculture biologique a été la règle.

Un même objectif : nourrir les plantes

Mais revenons à notre sujet. Quel est donc la différence entre l’AB et l’AC. Dans le fond, elles ont la même finalité : nourrir les plantes et les protéger pour leurs faire produire des fruits et légumes. C’est dans les moyens utilisés qu’elles vont diverger. Là où l’AB utilise des sources d’engrais organiques comme les fumiers ou le compost, l’AC apporte des engrais de synthèse, plus concentrés et plus faciles à appliquer sur de grandes surfaces. Idem pour la protection des plantes, l’AB va avoir recours à des techniques de culture et des moyens de lutte d’origine naturelle pour protéger les plantes. Ceux-ci incluent notamment la rotation et le mélanges des cultures, mais aussi des insecticides d’origine biologique (micro-organismes ou extraits de plantes qui ont pour effet de tuer certains insectes ravageurs). L’AC s’appuiera sur des insecticides et herbicides chimiques et se concentrera en générale sur une seule culture qui sera conduite sur de grandes surfaces.

Le sol et les hommes

Pourquoi est-ce que l’agriculture conventionnelle pose problème ? Là où l’AB va constamment enrichir le sol de matières organiques pour nourrir les plantes, l’AC va apporter des engrais de synthèse très concentrés qui vont effectivement nourrir les plantes mais aussi appauvrir le sol et détruire une grande partie des micro-organismes qui l’habitent. La tendance en AC à cultiver la même plante année après année va aussi favoriser le développement des maladies liées à cette plante, ce qui entraînera un besoin plus important en insecticides pour protéger la culture. Si les engrais de synthèses sont nocifs pour le sol, les insecticides de synthèses sont-eux nocifs pour les hommes car ils vont être assimilés par les plantes et stockés dans leurs fruits.

L’enjeu est donc double, l’AC détruit les sols et produits des fruits et légumes chargés en molécules chimiques dont nous ne connaissons pas exactement l’impact sur nos organismes.

L’enjeu est donc double, l’AC dégrade les sols et produits des fruits et légumes chargés en molécules chimiques dont nous ne connaissons pas exactement l’impact sur nos organismes. Pourquoi l’AC est-elle devenue aujourd’hui la règle ? Parce qu’elle permet de standardiser la production agricole. Une ferme conventionnelle peut se spécialiser dans un nombre limité de cultures, ce qui simplifie la commercialisation de sa production. A l’opposé, une ferme biologique devra diversifier au maximum sa production pour limiter les maladies et donc chercher un mode de commercialisation différent qui lui permettra de vendre des produits variés en quantités limités.

Les consom’acteurs

Les circuits de vente des produits agricoles sont aujourd’hui plus adaptés à l’AC. L’AB doit donc inventer son circuit de distribution. Cette contrainte est aussi la principale force de l’AB. En réinventant son circuit de distribution, l’agriculteur biologique se rapproche du consommateur. Là où une tomate conventionnelle va passer par plusieurs intermédiaires pour arriver dans votre assiette, une tomate biologique aura un trajet beaucoup plus court du champ à l’assiette ! L’avantage est double : l’agriculteur est mieux rémunéré car il pourra garder les marges que prennent habituellement les intermédiaires et le consommateur bénéficie d’un produit plus frais. Ces circuits de vente courts permettent aussi réduire le fossé qui sépare de plus en plus les villes des campagnes. C’est une bouffée de nature pour les citadins et une revalorisation du travail des agriculteurs. Le consommateur devient acteur de son bien-être et participe à l’amélioration de son environnement, il est un « consom’acteur ».

Agriculture biologique, Agroécologie et Permaculture ?

Vous connaissez maintenant les fondements de l’AB. Il est temps de rentrer plus en détail, vous avez surement entendu parler d’agroécologie ou de permaculture ?

L’AB se définit par le non recourt aux engrais, pesticides et herbicides de synthèse. Afin d’encadrer le développement de ce mode de culture, et de le différencier de l’AC, un cahier des charges a été défini qui encadre les règles de production biologique, établi la liste des produits autorisés, et permet à l’agriculteur qui le respecte d’être certifié « Bio ». Ces certifications sont fournies par des organismes indépendants qui vont contrôler l’agriculteur et lui décerner la précieuse certification. L’Agroécologie et la Permaculture intègrent les principes de base de l’AB, mais vont s’intégrer dans un cadre social et environnemental plus large. Par exemple, là où une pomme bio pourra être produite en France et vendue au Maroc, l’agroécologie et la permaculture vont favoriser les circuits de vente courts et la création de liens sociaux entre les agriculteurs et les consommateurs.

Et la Ferme Bleue dans tout ça ?

La Ferme Bleue pourrait, après ce que nous venons de voir, être définie comme une ferme agro écologique. Nous appliquons les principes de bases de l’AB et n’avons recours qu’à des engrais et insecticides naturels, autorisés par le cahier des charges de l’AB. Nous ne sommes cependant pas une ferme biologique à proprement parler car nous ne sommes pas certifiés « bio ». Pourquoi ? Pour 2 principales raisons, la première étant que la certification bio nécessite généralement plusieurs années et que nous avons lancé notre projet début 2017. Ensuite, afin d’assurer une plus grande variété de produits à nos clients, nous travaillons avec des agriculteurs de la région de Dar Bouazza qui travaillent depuis plusieurs années en agriculture biologique. Ces agriculteurs sont nos partenaires, mais ils nous ont aussi beaucoup aidé lors du lancement de notre projet et nous ont donné de précieux conseils sur les modes de culture biologiques. Enfin, le terrain sur lequel est installé la ferme est loué, ce qui ne nous permet pas d’investir sur une certification que nous risquons de perdre si nous devons changer de terrain.

Nous appliquons les principes de bases de l’AB et n’avons recours qu’à des engrais et insecticides naturels, autorisés par le cahier des charges de l’AB.

Ce dernier point est très important car c’est aussi la situation de la Ferme Bleue qui fait sa spécificité. Nous sommes en effet installés au cœur de Dar Bouazza, juste derrière la plage de Jack Beach, sur des terrains récemment devenus constructibles qui sont peu à peu abandonnés par les agriculteurs. L’urbanisation galopante de Dar Bouazza ne laisse en effet plus beaucoup de place à une agriculture qui fut, jusqu’à très récemment, florissante. Au-delà du fait de produire des légumes bio, notre projet a aussi une dimension sociale et environnementale : sauvegarder l’héritage agricole de Dar Bouazza et permettre à des citadins de découvrir le monde de l’agriculture. Nous proposons bien sûr des paniers de légumes bio à livrer chez vous, mais nous encourageons vivement nos clients à venir directement à la ferme récupérer leur panier et, pourquoi pas, le récolter eux-mêmes ! Nous organisons aussi régulièrement des journées d’auto-récoltes où nous vous invitons à venir récolter vos paniers en famille ou entre amis. C’est l’occasion pour les enfants (et leur parents) de voir comment poussent les légumes qu’ils mangent et d’en apprendre un peu plus sur les techniques de production biologique.

Au-delà du fait de produire des légumes bio, notre projet a aussi une dimension sociale et environnementale : sauvegarder l’héritage agricole de Dar Bouazza et permettre à des citadins de découvrir le monde de l’agriculture.

Bravo à tous ceux qui ont lu cet article jusqu’au bout ! Il était important pour nous d’apporter quelques explications sur la nature de notre travail et sur les produits que nous proposons. Nous espérons bien sûr avoir l’occasion de vous livrer des légumes frais et sains, mais nous espérons surtout vous rencontrer à la ferme pour vous présenter plus en détail notre travail et partager un moment avec vous dans notre jardin biologique.

 

Nos paniers bio

Commandez votre panier en ligne !

0
Mon Panier